Introduction
Faire le GR20 du sud au nord en 8 ou 9 jours, c’était notre projet de rando cette année avec Thomas. Depuis quelques années, on a l’habitude de partir plusieurs semaines, mais cette fois, on a dû « raccourcir » notre aventure en duo. Pourquoi ? Parce que l’été s’annonce chargé : séjours en Vanoise à organiser, stages d’alpinisme, un reportage pour un office de tourisme (oui oui, j’ai le droit de me la raconter un peu 🥳) et des petites vacances avec ma maman. De son côté, Thomas prépare un sacré défi : faire le GR10 en complète (genre vraiment complète) autonomie en 28 jours en septembre.
Le GR20… Ces quatre caractères font briller les yeux de pas mal de monde. C’est sûrement le trek le plus connu de France, celui que même la grand-mère de Thomas connaît. Quand j’ai découvert la rando et la montagne il y a 10 ans, au Népal, je suis tombée sur des tas d’articles sur ce GR mythique en Corse. Depuis, l’idée de le parcourir m’est restée dans un coin de la tête… sans jamais se concrétiser.
Cet hiver, j’ai proposé à Thomas :
— « Et si on partait en Corse en juin ? On se fait le GR20 en 10 jours, puis petit road trip et escalade ? »
Le plan parfait. Enfin presque. Tu verras pourquoi on a finalement fait le GR20 du sud au nord en 8 jours !
Quand partir pour faire le GR20 du sud au nord ?
Il faut savoir que la haute saison sur le GR20 se situe entre mi-juin et fin septembre. De notre côté, nous avons marché du 14 au 21 juin, donc pile dans le créneau de début de saison. Et je ne regrette pas du tout ce choix !
Même si une canicule frappait la France au moment du départ, on a eu la chance d’avoir une météo très clémente pendant toute la durée du GR20. Bon, j’ai bien souffert de la chaleur le premier jour (ça tape fort, même en juin), et nous avons dû partir très tôt chaque matin pour profiter de la fraîcheur.
Faire le GR20 du sud au nord en mai / début juin : une bonne idée ?
Si vous partez tôt dans la saison, sachez qu’il peut rester des névés sur les sections les plus hautes. Le sentier étant déjà technique, cette période est plutôt réservée à celles et ceux qui ont un peu d’expérience en montagne. Avant de partir, pensez à contacter les refuges ou la compagnie des guides pour vérifier si des crampons / piolet ou micro-crampons sont nécessaires.
Point positif : vous serez plus tranquilles sur les sentiers. Et vous profiterez de journées longues et souvent d’une météo encore douce (attention quand même, le printemps peut être capricieux en montagne).
Faire le GR20 du sud au nord en juin : notre choix
Honnêtement, je ne pensais pas que juin était la haute saison sur le GR20. Pour moi, c’était le bon plan : longues journées, début d’été = vallées encore vertes, météo stable. Tout ça était au rendez-vous… et avec la foule en bonus.
Si vous êtes allergiques aux gens (je vous vois 👀), ce n’est peut-être pas la période idéale. Nous croisions chaque jour beaucoup de randonneurs, souvent aux mêmes horaires. Mais j’y reviendrai plus loin car malgré ça, l’ambiance était plutôt chouette.
Nos étapes en 8 jours sur le GR20 du sud au nord
Jour 1
Conca → Refuge d’Asinau
Jour 2
Refuge d’Asinau → Refuge d’Usciolu
7h · 16 km · D+1280 m · D-1110 m
Jour 3
Refuge d’Usciolu → Col de Verde
6h · 15 km · D+1280 m · D-1700 m
Jour 4
Col de Verde → Refuge de l’Onda
39 km · D+2330 m · D-2220 m
Jour 5
Refuge de l’Onda → Manganu
9h · 19 km · D+1600 m · D-1400 m
Jour 6
Manganu → Tighjettu
Jour 7
Tighjettu → Asco
Jour 8
Asco → Calenzana
GR20 en juillet-août : chaud devant !
A priori, il y a un peu moins de monde sur le GR20 en plein été. Mais la chaleur peut être redoutable, surtout sur certaines sections très exposées. Il faudra vraiment partir à la fraîche chaque matin. Perso, je fuis les treks en juillet-août pour cette raison : je ne supporte pas bien la chaleur.
Faire le GR20 en septembre : calme mais journées plus courtes
À partir de septembre, la fréquentation baisse, les températures sont plus agréables, mais les journées raccourcissent. Moins pratique si vous prévoyez de faire de grosses étapes. Et les baignades en rivière peuvent être moins tentantes ! 😉
GR20 du sud au nord en 8 jours : comment se rendre au départ ?
Nous sommes restés un mois en Corse, et avons profité de pouvoir venir avec le Kangoo pour explorer l’île après le GR. C’était vraiment le top niveau liberté.
Nous avons pris le ferry depuis Toulon avec Corsica Ferries. Rien à signaler, tout était à l’heure, à l’aller comme au retour. Nous avons voyagé de nuit sans cabine, ce qui permet de faire des économies… en échange d’une nuit un peu roots ! Pensez à prendre votre matelas de camping, sac de couchage et surtout un masque pour les yeux : les lumières dans les couloirs restent allumées toute la nuit et elles sont très vives. Le retour a été mouvementé, et comme je suis sujette au mal de mer, j’ai passé la traversée allongée sur une banquette à essayer de survivre.
Nous avons débarqué à Ajaccio, ce qui s’est révélé très pratique. Cet hiver, j’ai eu la chance de rencontrer une famille corse à Megève qui tient un super camping tout près d’Ajaccio. Nous avons pu laisser notre van chez eux pendant toute la durée du GR20. Un vrai confort pour partir l’esprit tranquille. Si vous prévoyez de faire pareil, contactez des campings à l’avance : certains acceptent de garder un véhicule moyennant finance.
Nous avons dormi plusieurs nuits au Camping 4 U Prunelli*, que je recommande les yeux fermés : bel environnement, super confort, piscine et accueil très sympa.
Se rendre à Conca, point de départ du GR20 sud-nord
Pour rejoindre Conca depuis Ajaccio, c’est assez simple :
- On a pris le bus Ajaccio – Porto-Vecchio (14€/personne), avec un arrêt pile à 1 km du camping.
- Ensuite, on a pris un autre bus direction Bastia, en s’arrêtant à Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio (4€).
En haute saison, il existe une ligne directe Porto-Vecchio – Conca, mais nous ne l’avons pas testée. Sinon, il est facile de faire du stop entre Sainte-Lucie et Conca : il nous restait 6 km à marcher sous 34 degrés, quand une femme s’est arrêtée avec son 4×4. Résultat : 5 minutes plus tard, nous étions à Conca, installés à l’ombre au gîte de la Tonnelle (camping 11€/personne).
Retour depuis Calenzana (fin du GR20 sud-nord)
Nous sommes arrivés assez tard à Calenzana, et avons fait du stop jusqu’à la T30 (Camping Dolce Vita). Il était 21h, et on a eu de la chance : après 13h de marche, je n’avais qu’une envie… me poser sous une douche !
Le lendemain, nous avons pris le train depuis la station Camp Raffali GR20 (anciennement U Fiumesecu Alzeta, mais la localisation Google n’était pas correcte au 15/07/2025 : il faut aller un peu plus loin, vers la caserne / station essence). Ensuite, correspondance à Ponte Leccia pour Ajaccio.
Attention, ne vous attendez pas à un TGV : c’est bruyant, un peu lent, mais les paysages traversés sont sublimes ! Ajaccio a vraiment été pratique comme point d’arrivée et de départ.
GR20 sud-nord : réservations et infos pratiques pour le bivouac
Nous avons fait le GR20 du sud au nord en bivouac, en autonomie, sans dormir dans les bergeries (même si je le ferai peut être une prochaine fois…).
Réserver les emplacements : obligatoire ou pas ?
Il est interdit de poser sa tente n’importe où sur le GR20. Tous les bivouacs doivent se faire à proximité des refuges gérés par le Parc Naturel Régional de Corse (PNRC).
Beaucoup disent qu’en venant avec sa propre tente, on n’est pas obligé de réserver, car on trouvera toujours de la place. Mais officiellement, voici ce qu’indique le PNRC sur leur site :
“Les réservations sont OBLIGATOIRES pour les nuitées sur le GR20, que ce soit en bivouac ou en refuge.”
Saison 2025 : réservations ouvertes du 17 mai au 5 octobre inclus.
Notre expérience de réservation
Franchement, je ne savais pas que c’était obligatoire. Par chance, j’ai vu passer une info sur Instagram en février : les réservations venaient d’ouvrir. J’ai donc vite construit notre itinéraire sur 10 jours… sauf que certains emplacements affichaient déjà complet (même en bivouac !). Résultat : on a dû réduire à 9 jours.
Réservations sur le site officiel du PNRC. Attention : certains refuges annulent les réservations après une certaine heure (ex : 19h). Je ne sais pas si cela est du bluff ou non … À quoi bon réserver ? À Asinau, on est arrivés tard et la gardienne nous a dit que tout était complet… alors que nous avions réservé et payé ! J’ai failli m’énerver après 11h de marche 😅. Finalement, elle nous a trouvé un spot près de l’hélisurface.
Sanitaires et douches : que faut-il prévoir ?
- Toilettes à chaque refuge (plus ou moins rustiques, mais souvent propres – prends du PQ).
- Douches souvent chaudes ! On a préféré la douche froide, sauf après un orage à Tighjettu… là c’était royal. Il peut y avoir la queue en fin d’après-midi.
- Les bivouacs sont souvent équipés d’un coin cuisine avec gaz, casseroles et couverts.
GR20 sud-nord en 8 jours : quel budget prévoir ?
Vaste sujet, tant il dépendra de ce que vous consommez dans les refuges.
👉 Vous souhaitez vous arrêter chaque midi et manger dans les refuges ?
→ Comptez en moyenne 15 € par repas.
👉 Vous voulez aussi manger le soir et le matin dans les refuges ?
→ Il faut alors prévoir environ 30 € par jour.
Concernant les emplacements de bivouac :
- 9 € par personne si vous réservez à l’avance,
- 18 € par personne si vous arrivez sans réservation.
💡 Pour réduire les coûts de nourriture, vous pouvez acheter de la nourriture de base dans presque tous les refuges : boîtes de conserve, pâtes, sauce tomate… Bien sûr, les prix sont un peu plus élevés qu’en plaine, mais cela reste raisonnable (par exemple 3 € le paquet de pâtes). Tous les emplacements de bivouac à côté des refuges sont équipés de coins cuisine avec gaz et généralement quelques casseroles et couverts.
Autre solution : partir avec votre propre nourriture et vous ravitailler en chemin.
Notre choix perso :
Nous sommes partis avec 4 jours de nourriture, principalement :
- des repas lyophilisés (marque Trek’n Eat) pour les soirs,
- des barres céréales (Cook’n Run),
- de la semoule pour les midis,
- quelques soupes en poudre,
- des gâteaux et des noix.
Nous avons fait un premier ravitaillement à Vizzavona (l’épicerie est bien fournie), puis à Asco.
Bien sûr, nous avons aussi craqué pour quelques plaisirs :
- une boisson fraîche après chaque journée,
- un petit resto à Asco,
- quelques sucreries au col de Vergio,
- et un repas du soir au col de Verde (très bon et copieux, je vous le conseille !).
Bref, nous n’avons pas vraiment compté chaque euro, et nous avons probablement dépensé plus que sur d’autres treks en autonomie, mais pour 8 jours de marche, le budget reste raisonnable si vous choisissez de partir avec une bonne partie de votre nourriture. Et c’est agréable de pouvoir se faire plaisir de temps en temps !
Préparation pour le GR20 du sud au nord en 8 jours : ce qu’il faut savoir
Le GR20 n’est pas un trek facile. Il est physiquement exigeant, souvent technique, et pas forcément le bon choix pour un premier GR. On a croisé beaucoup de personnes mal équipées ou peu expérimentées.
Sous le soleil, ce sentier est déjà une bonne « bambée ». En cas de pluie, de vent ou de neige tardive, il peut devenir franchement dangereux : dalles glissantes, crêtes exposées, passages aériens…
Bref, mieux vaut avoir un minimum d’expérience en montagne avant de se lancer sur ce GR. Les genoux fragiles peuvent aussi vite souffrir : j’ai croisé un nombre incalculable de personnes avec des straps ou attelles…
Pourquoi faire le GR20 du sud au nord ? Nos raisons
On a choisi de faire le GR20 du sud au nord en 8 jours pour plusieurs raisons, certaines feront peut-être débat mais c’est notre ressenti !
- En juin, on voulait atteindre rapidement les sections en altitude (dans le nord) avant que les névés ne posent problème. On avait pris les micro-crampons, qu’on n’a finalement jamais utilisés.
- En marchant vers le nord, on a eu le soleil dans le dos : plus agréable pour marcher… et pour faire de jolies photos !
- Le sud est réputé plus roulant que le nord. Ça nous permettait de démarrer en douceur (même si, attention, certaines sections du sud sont quand même bien costaud, surtout si vous passez par la variante alpine de Bavella).
- Le nord est plus spectaculaire niveau paysages. J’aime bien quand les panoramas montent en puissance au fil des jours.
Le GR20 en 8 jours en Corse, terre sauvage
10 jours qui se sont transformés en 9, puis en 8 jours ! Toujours plus… ou plutôt ici, toujours moins ! Le GR20 est le premier trek où nous croisons autant de gens surmotivés, prêts à se dépasser et à sortir de leur zone de confort. Ce trek m’a prouvé, encore une fois, la force du mental. Dans bien des disciplines – et dans la vie tout simplement – notre esprit peut nous pousser à accomplir de grandes choses, mais aussi nous mener dans nos retranchements.
Sur le GR20, nous avons rencontré de nombreuses personnes peu expérimentées, mais la motivation était palpable et le sourire (presque) toujours présent.
Je dois l’avouer, malgré les milliers de kilomètres parcourus ces dernières années, je redoutais un peu le départ sur le GR20 du sud au nord. Marcher sur des sentiers ne me pose plus de problème, je me sens endurante. Par contre, les chemins techniques sont toujours une source de douleurs aux genoux. La Nouvelle-Zélande m’aura bien fait souffrir, et je redoute donc à la fois le poids du sac et les longues journées de marche. Aujourd’hui, je mets mon égo de côté plus facilement, et je demande directement à Thomas de porter plus de nourriture et d’affaires communes que d’habitude. Je commence à me connaître : chemins techniques + sac trop lourd = mauvaise idée pour moi. J’ai la chance de partir avec un vrai chamois infatigable, alors j’en profite !
Le GR20, un trek sauvage à l’image de la Corse
Marcher 8 à 10 jours en pleine nature, en ne croisant que quelques routes et aucun vrai village, c’est un luxe rare sur un GR® ! Les paysages sont magnifiques. Les rivières limpides m’ont tellement rappelé la Nouvelle-Zélande. J’ai maintenant la chance d’habiter en Haute-Savoie depuis 3 ans, alors j’ai particulièrement apprécié ces paysages très minéraux, bien différents des massifs alpins. Entre Conca et Bavella, la couleur du granite m’a rappelé l’Australie. Bref, en quelques jours de marche, j’ai eu l’impression de voyager aux quatre coins du monde.
Bien que le sentier m’ait causé des douleurs aux genoux, je dois bien avouer que j’aime aussi ces chemins escarpés. Ils donnent du piment à la randonnée, la rendent plus intéressante et sauvage. Il m’est, bien sûr, plus difficile d’enchaîner de grosses journées comme ça peut être le cas sur le GR5 (traversée des Alpes) ou le GR54.
Le premier soir, en arrivant au refuge bondé d’Asinau, je me suis dit que ça allait être compliqué et que je n’allais vraiment pas apprécier l’expérience GR20… Il y avait vraiment beaucoup, beaucoup de monde. Après avoir marché les dernières heures complètement seuls, c’était assez perturbant de se retrouver au milieu de tant de gens dans une vallée perdue. Finalement, j’ai trouvé l’ambiance plutôt agréable. Les gens sont courtois et surmotivés pour venir à bout de leur challenge. Chacun sort de sa zone de confort, pousse un peu ses limites, et c’est chouette à voir. Passé 20h30, les aires de bivouac étaient très calmes, et il n’était pas rare de voir les premières frontales allumées dès 5h du matin ! Il était facile de rencontrer des gens, d’échanger, et à l’inverse, si j’avais envie de rester dans ma bulle, c’était tout à fait possible. Personnellement, j’aime beaucoup ce mood où les interactions sociales sont possibles, mais jamais imposées. Ça me rappelle beaucoup cette ambiance de mes voyages en solo en Asie : être entourée, mais avoir la possibilité et la capacité de me couper des autres.
Vous l’aurez compris : oui, il y a du monde sur le GR20
En partant sur le GR20 du sud au nord, vous croiserez donc beaucoup de marcheurs, car le sens courant est de le faire du nord au sud. C’est assez drôle de voir l’état psychologique (et physique) des marcheurs que l’on croise, selon leur avancement sur le GR. Vous allez donc dire bonjour un nombre incalculable de fois, et parfois vous vous arrêterez une minute ou deux pour échanger quelques mots sympas.
Et les déchets sur le GR20 ?
Je suis mitigée sur ce point. Au vu de la fréquentation, je trouve les sentiers et refuges globalement propres. Il y a peu de détritus… HORMIS le papier toilette. Et franchement, c’est une aberration : il y en a beaucoup trop… Alors s’il vous plaît, récupérez votre papier. Petit tips : prenez un sac à crottes pour chien ou un petit sac poubelle de salle de bain et voilà !
Pour résumer : du monde, une bonne ambiance… et des randonneurs experts ?
Donc oui, il y a du monde, les gens sont globalement sympas, mais le GR20, c’est aussi le trek où tout le monde se permet de donner son avis… parfois un peu trop. C’est aussi le royaume des experts auto-proclamés de la randonnée. Ce qui nous a valu quelques perles entendues sur le sentier :
Les pépites qu’on a entendues :
On parle tranquillement dans notre dernière montée vers le refuge de l’Onda (grosse journée de plus de 35 km dans les pattes), Thomas me dit :
« Je pense qu’il nous reste 2h. »
Je valide ses propos.
Sorti de nulle part, un mec nous dit :
« Euh vous avez dit 2h pour aller jusqu’au refuge là ? Ah non mais pas du tout, c’est plutôt 3-4h. Je vous le dis parce que moi, quand je crois que c’est bientôt fini et que c’est pas le cas, je suis dégoûté… »
…
« À mon avis, vous êtes partis tard ce matin. »
→ On s’est levés à 3h du mat pour enquiller notre grosse journée.
« Est-ce qu’il y a beaucoup de vent là-haut sur la crête ? Ça fait peur ? »
« J’ai triplé les étapes hier. »
« Ah oui ? Nous aussi, on va faire ça aujourd’hui… mais dans l’autre sens du coup. »
« Hum, je pense pas que ce soit possible. Doubler, à la rigueur… mais tripler… »
« C’est comment la descente de l’autre côté ? » (montée pour nous, donc)
Nous → « Franchement ça va, c’est pas pire. »
Lui → « Ah bah vous allez voir, la descente elle est vraiment coquine, vous êtes pas prêts. »
« L’important, vraiment, c’est le poids du sac à dos. »
« Le Monte Cinto, c’est vraiment de l’alpinisme. »
« Machin, il avait pas le choix : entre lâcher son bâton ou se tenir à la roche… s’il lâchait, il tombait dans le vide direct. C’était la mort. »
Et si c’était à refaire ?
Je repars sur la même période
Je pense être assez malléable et je m’adapte vite à mon environnement : je sais faire abstraction des autres si je le souhaite, donc clairement, je repartirais à la même période pour profiter des longues journées d’été, du soleil et des baignades dans les rivières !
Pourquoi pas seule ? Car c’est assez safe
Je me verrais bien repartir en solo, car on se sent en sécurité pour dormir, et c’est facile d’avoir du contact social si on le souhaite… ou bien de rester dans sa bulle.
Vos questions, mes réponses
J’ai reçu pas mal de questions sur Instagram avant, pendant et après ce trek — et elles m’ont aidée à écrire cet article, donc merci à vous 🙏 Voici une petite sélection, avec mes réponses en toute simplicité.
Quels conseils peux-tu nous donner ?
- Se préparer physiquement un minimum — un peu de renforcement musculaire, ça aide.
- Partir le plus léger possible.
- Prévoir une marge sur son itinéraire, quitte à le raccourcir en cours de route.
Mon pire moment ?
La chaleur écrasante du premier jour, surtout sur la variante alpine à Bavella. Pas de vent, un sac bien chargé, et un bon coup de chaud pour démarrer !
Mon plus beau moment ?
Difficile de choisir…
Chaque baignade dans une rivière fraîche.
Commencer à marcher avec les premières lueurs du jour.
Manger des pâtes au pesto et fermer les yeux dans la tente le soir. Simple et parfait.
Matériel : ma liste complète est à retrouver dans cet article de blog :
Chaussures : Merrell Moab Speed 2 GTX.
Elles ont fini leur vie sur le GR20 après un an d’utilisation assez intensive (printemps-été 2024, deux mois au Népal, printemps 2025 et le GR®20). J’ai marché entre 600 et 800 km avec — ce n’est pas énorme, surtout quand je compare avec mon ancien modèle Décathlon MT500 (moins confortable) qui avait tenu plus de 1000 km.
Côté confort, rien à redire : ces Merrell sont tops. Et le fait qu’elles soient en GTX, c’est appréciable.
J’aurais juste préféré les avoir en 39 ½ (je les avais en 40). En rando classique c’était bien, mais pour les sections techniques j’aurais voulu une chaussure un peu plus ajustée — sauf qu’elles n’existent pas dans cette taille 🥲 Bref, je ne pense pas les racheter à cause de leur durabilité moyenne… sauf si je tombe sur une bonne occasion.
Plus dur ou similaire au GR54 ?
Techniquement, j’ai trouvé le GR20 plus compliqué que le GR54. Moins roulant, plus de sections escarpées.
Punaises de lit ?
Aucun souci pour nous, car on avait notre propre tente. Mais on a croisé plusieurs personnes qui avaient eu des problèmes dans les refuges ou gîtes. Donc prudence si vous dormez en dur, ça a l’air malheureusement assez fréquent.
Conclusion
Plus que des chiffres, ce GR est une pépite. Brut, sauvage. Oui, il y a du monde (en juin), et ça peut déplaire à certain·e·s… mais pour les autres : BONHEUR
Franchement, ça n’a pas été facile pour moi. De longues journées de marche, un sentier souvent technique sur lequel je ne suis pas toujours à l’aise, et qui me fait vite mal aux genoux. Et pourtant… pourtant… je me dis que je pourrais bien repartir sur ce GR® !
Et toi, tu l’as déjà fait ce fameux GR20 du sud au nord ? Ou tu y penses sérieusement ? Raconte-moi en commentaire ou pose tes questions si tu prépares ton départ, je me ferai un plaisir d’y répondre !